Weird TV : La Recherche • teaser



“Or Proust, comme Venise, est à la fois fantôme et vie, sans avenir et plein d’avenir. Je ne me sens jamais mieux qu’à Venise, je ne me sens jamais mieux que dans Proust, je ne me sens jamais mieux que dans les appartements vides, les ruines, les théâtres en ruine, au bord de la mer, ici, au Théâtre des Bouffes du Nord. De Venise, je ne reviendrai à Paris que pour y déployer mon lit de camp, et vous dire Proust et on rigolera ensemble parce que, oui, Proust, comme la vie, c’est pour rire.” Yves-Noël Genod

Galerie d’art noir — John Slaney


John Slaney est un peintre amateur, sans doute états-uniens, qui consacre une série aux meurtriers et à leurs victimes — Paintings of murder and murderers. Ce tableau, hommage à la quatrième victime canonique de Jack l'Éventreur, s'intitule “Dark Horror series, Jack the Ripper, Catherine Eddowes, Whitechapel Murder Victim”.

Galerie d’art noir — Robbert Van Wynendaele


Robbert Van Wynendaele est un peintre, sans doute allemand, dont j’ignore tout. Je le situerais entre Adrian Ghenie et Daniel Pitin.

Le Paradis entre les jambes — Nicole Caligaris


Livre de Nicole Caligaris paru chez Verticales en 2013, Le Paradis entre les jambes traite d’Issei Sagawa, Japonais ayant tué et en partie mangé une étudiante néerlandaise à Paris en juin 1981. (Vice lui consacre un reportage sensationnaliste.)

Je rêve encore qu’un jour Pascal Quignard écrive sur Jack l’Éventreur, ou sur Jeffrey Dahmer, ou sur un quelconque tueur en série cher à la culture populaire. D’ordinaire le sujet est traité par des auteurs de genre (Alan Moore), de polar (Patricia Cornwell) ou des criminologues avec plus ou moins de plume (Stéphane Bourgoin). La sensibilité littéraire, étymologique, historique, philosophique, psychanalytique d’un Quignard apporterait beaucoup. Nicole Caligaris, en revenant sur le meurtre cannibale d’Issei Sagawa, a peut-être écrit ce que fantasme mon esprit depuis plusieurs années. Un Jack l’Éventreur à la Quignard. L’approche de Caligaris est hautement littéraire, l’auteure invoque Sade, Proust, Breton, Tanizaki, De Quincey, aussi bien que Rodin, Francis Bacon ou Lucian Freud, elle traite le sujet non sous l’angle criminologique ou journalistique, mais sous l’angle autobiographique. Caligaris a personnellement vécu l’affaire, elle a connu Sagawa et sa victime Renée Hartevelt, elle a échangé des lettres avec le cannibale. Le premier chapitre du Paradis entre les jambes, “Le monde de la fille”, purement autobiographique, revient sur l’enfance et le développement de l’auteure, qui refusera toujours d’être une petite fille modèle, qui refusera toujours d’avoir un paradis entre les jambes. Ensuite seulement le livre s’intéresse au “Japonais cannibale”, puis alterne entre réflexions sur la place de la femme et sur le meurtre en lui-même. Caligaris écrit “Je ne cherche pas à comprendre l’acte commis par Issei Sagawa, c’est ma répulsion que je regarde.” Le Paradis entre les jambes est une œuvre que je n’oublierai pas. [Tous les articles littéraires.]

Weird TV : Interview with a Cannibal




Des nombreuses vidéos pseudo-criminologiques que je visionne,
Interview with a Cannibal est celle qui me provoque le plus grand malaise.

Cabinet de curiosités — Guillermo del Toro

 

Écrit par le réalisateur du Labyrinthe de Pan, ce beau livre est divisé en trois parties. Mes collections. Mes carnets. Projets inachevés. La première est la meilleure, notamment parce qu’elle présente Bleak House (la maison de l’horreur de del Toro) : de nombreuses photographies la font visiter et on peut passer des heures à les fouiller à la recherche d’infimes détails (livres & comics en pagailles, figurines d’Hellboy & de Cthulhu, décorations gothiques, répliques de Frankenstein, crânes, chauves-souris naturalisées…). Del Toro y évoque également ses artistes les plus influençant (pour la littérature, Shelley, Poe, Machen & Lovecraft). La deuxième partie présente les huit films du réalisateur, à travers des photographies, du texte et, surtout, les fameux carnets – œuvres d’art dans lesquelles del Toro développe toutes les idées de son esprit bouillonnant (versé dans l'horreur & le fantastique). On en ressort avec deux envies. Voir les films pas encore vus. Revoir les autres. Sur le même modèle, la troisième partie, beaucoup plus courte, décrit quelques projets inachevés. En conclusion, un livre excellent, véritable plongée dans l’œuvre (geek, graphique & cinématographique) d’un artiste multiforme absolument confondant. [Tous les articles littéraires.]

Galerie d’art noir — Charley James


Charley James est un peintre digital français né en 1960. Depuis 2014, ses expositions sont programmées dans “des lieux où se côtoient le rock gothique-indus, l’électronique et tous les amoureux de Lovecraft et de Philip K.Dick”.

Galerie d’art noir — Daniel Pitin


Daniel Pitín est un peintre pragois né en 1977.
“Il travaille sur la mémoire, sur sa structure dissolue. S’inspirant du cinéma, qu’il considère comme une archive étendue de l’Histoire humaine du vingtième siècle, il construit des représentations homogènes de situations, de ressentis et de souvenirs croisés et hétéroclites.” [source ozartsetc.com]

Galerie d’art noir — Mike Mignola

 

Mike Mignola est un dessinateur états-unien né en 1962. Il est connu pour sa série Hellboy, relativement bien adaptée au cinéma par Guillermo del Toro. Comme beaucoup, c’est un grand lecteur des deux maîtres, Poe et Lovecraft.

Consumés — David Cronenberg

 
Avec Consumés, son premier roman écrit à plus de 70 ans, David Cronenberg est parvenu à rendre la complexité et la richesse morbide de sa vision du monde avec la même intensité que dans ses films. La langue est d’une grande littérarité, loin, très loin devant (par exemple) les tentatives malheureuses de Guillermo del Toro avec sa trilogie de romans La Lignée. Cependant tout n’est pas parfait. La narration rythmée et la densité des deux cent premières pages s’effondrent soudain. Et la fin du roman, presque pénible à lire, disperse les intrigues, oublie les personnages principaux et injecte lourdement des dizaines de thématiques nouvelles. Cela dit pour sa langue, pour son exercice de transposition réussie (de la pure jubilation cronenbergienne littéraire) et pour son univers mêlant technologie, criminologie (cannibalisme), paraphilie (apotemnophilie) ou encore philosophie, entomologie et cinéma, Consumés s’avère pour moi une œuvre inoubliable. [Tous les articles littéraires.]