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N. Gaiman se défend en faisant la promotion d’un bien étrange substack. @technopathologyHome of the *Neil Gaiman Is Innocent* research project. Independent Investigations. Qu’on aurait aussi bien pu appeler @technopatethic. J’ai découvert Gaiman il y a fort longtemps, avec un recueil dont la couverture m’avait marqué en librairie. Des choses fragiles. Que je considère toujours comme son meilleur livre. Avec The Graveyard Book. De son œuvre je retiens aussi Coraline (pas le livre, mais l’adaptation d’Henry Selick), un véritable chef-d’œuvre gothique. J’ai eu l’occasion de rencontrer Gaiman à Paris, il y a peut-être dix ans de ça. Il portait un grand manteau noir (décoré d’un petit pin’s de TARDIS) et de grosses chaussures noires. Ç’avait été une rencontre marquante que je citais souvent comme ma rencontre la plus forte avec un auteur. Gaiman avait réellement un côté magnétique. Les gens l’adoraient. Il signait durant des heures des livres, des comics, des DVD. Il dessinait beaucoup. Après ça, je me souviens de lui nous guidant à travers Paris avec son téléphone jusqu’à un restaurant japonais où nous avons mangé. Il était assis à ma gauche immédiate. Tout ça était évidemment avant l’affaire, à une époque où Gaiman était pour moi une inspiration non seulement littéraire, mais aussi une inspiration de vie. Une sorte de rêve gothique vivant. Ce rêve que mes écrits — un jour — me permettraient de vivre dans un manoir à la Addams et de faire le tour du monde, partageant mon univers mental avec des foules.

Aujourd’hui Gaiman n’est plus une inspiration pour personne. Seulement une grosse, une immense déception, et la confirmation toujours douloureuse que notre espèce est pourrie jusqu’à la racine et que rien, jamais, ne changera.

‘Filioli, custodite vos a simulacris.’ Jean 5:21.
‘Petits enfants, gardez-vous des idoles.’

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Deux très bonnes vidéos sur les jeux d’horreur Five Nights At Freddy’s par Feldup et Silent Hill par Le Fossoyeur de Films.

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Ai retrouvé un peu d'énergie vitale, et pour écrire et pour agir tout court, c'est peut-être en partie lié à ma décision nouvelle de ne plus suivre l'actualité, couper les réseaux, réduire l'écran. C'est-à-dire revenir à la réalité, lire, écrire, soulever des poids, bricoler, et le reste. Il ne s'agit pas de se couper du monde, mais d'y retourner. À quoi bon suivre jour après jour les délires des gens qui gouvernent avec si peu d'humanité, et dont le seul horizon semble être le profit, continuellement le profit, le leur et ceux des milliardaires au-dessus d'eux. Écoute en fond Exiles de Max Richter. (Il est possible que plus on passe de temps loin des écrans moins on déprime. J'apprends malgré tout que la librairie Violette and Co a été perquisitionnée. Le monde est triste et dérive lentement mais sûrement. Encore qu'il l'a sans doute toujours été, triste, et à un niveau toujours égal. On ne dérive pas. On est égal à nous-même.)

vi.ianuarii.mmxxvi.

Signale cette vidéo “ARCHIVE▪DOT▪ORG [ Volume I ] ⏏ Dans les tréfonds de l'Internet Archive” du youtubeur ALT 236. Nouvelle exploration incroyable de la toile. Par ailleurs il est possible que mon livre sur Jack l’Éventreur ait trouvé preneur — c’est à suivre.

xix.novembris.mmxxv

Dieu suis-je seul à avoir trouvé le Frankenstein de Del Toro fade, sans trop d’âme et visuellement saturé d’effets numériques cohabitant mal avec les prises de vue réelle ? 

xxx.septembris.mmxxv

“One thing I didn’t miss about publishing fiction is the experience of pouring my heart into a piece of work and having people be hateful about it.” — Billy Martin (Poppy Z. Brite)

xxiii.septembris.mmxxv

Retombe avec plaisir sur cette intervention d'Estelle Faye me concernant, qui raconte un peu le parcours possible d'un auteur : “Et au-delà de ça, sur les manuscrits imparfaits… Enfin moi je vois ma petite expérience de l’autre côté, donc quand j’ai dirigé des anthologies de nouvelles, dans les nouvelles qu’on a retenues, il y en a, ce n’était clairement pas les plus parfaites qu’on a reçues, mais par contre, il y avait vraiment une vie dedans. Il y avait quelque chose qui vivait, il y avait une voix particulière. Et notamment pour la première anthologie que j’ai dirigée sur Les Souterrains et les profondeurs, il y a une nouvelle qui avait fait un petit peu débat dans le comité de lecture, parce qu’elle avait plein de corrections à faire, mais il y avait quelque chose, il y avait une voix déjà. Et donc on a dit à l’auteur, en gros : « oui on te prend, mais si tu corriges énormément quand même ». Donc on s’est retrouvés à un moment dans un café pour corriger et tout. Mais il y avait quelque chose qui vivait, et ce n’était vraiment pas la plus parfaite, mais il y avait ce potentiel-là. On a corrigé. C’est devenu pour moi l’une des meilleures de l’anthologie après avec les corrections. Et finalement, cet auteur aujourd’hui, c’est celui qui a fait Pornarina chez Denoël, qui a eu le prix Sade du premier roman, enfin voilà, qui a mis plein de nouvelles après partout ailleurs, qui avait effectivement une voix déjà dans son premier texte.” — Estelle Faye, Procrastination [S04E16 : Les réactions des éditeurs, janvier 2021]

xxii.septembris.mmxxv

Ai fêté mes 38 ans entre le Palais Galliera & le Père-Lachaise. Entre Rick Owens & les morts. L’actualité nous mine. On en voit qui vont jusqu’à défendre les ultra-riches — qui ne comprennent pas la différence entre un milliardaire et un patron de PME. On en voit d’autres heureux que des bouffons violents gouvernent. On crache sur des visages qui ne veulent que défendre le vivant. Paradoxalement ou non, tant qu’il y aura de l’humain, il y aura du désespoir. C’est ainsi.

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Partage cette critique de l’anthologie des Nouveaux Déviants, par une lectrice fidèle, l’Arpeuteuse de l’étrange. Écoute en fond “End Shredits” du pas mauvais film de loup-garou Werewolf by Night de Michael Giacchino.

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L’ami Christophe Siébert au micro de Mauvais genres pour Une vie de saint, un gigantesque Raspoutine-like roman que tout auteur peut garder sur son bureau et ouvrir à l’occasion pour piquer un bout de phrase, une idée, pour s’imprégner, comme on irait s’imprégner, en mal de matières, auprès du Festin nu, d’Argent Animal de Cisco ou des Racines du mal de Dantec ou de La Famille Royale de Vollmann, ce genre de monstres.