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En lutte permanente avec moi-même pour écrire. Sentiment de plus en plus triste et vivace de la vacuité de la littérature. Des livres. Leur inadaptabilité à notre monde contemporain. Ou plutôt l’inadaptabilité de la littérature au marché de la littérature. C’est particulièrement vrai pour le roman. Moins vrai il me semble pour les documentaires — en tout cas je trouve plus d’intérêt souvent à la non-fiction. J’ai lu il y a des années un auteur (j’ai oublié son nom) qui disait en interview qu’il n’était plus capable de lire de fiction et se contentait des documentaires. J’avais pensé ça triste. Dans une certaine mesure, vingt ans plus tard ou presque, j’en arrive à un constat quasi similaire. Mais je résiste encore un peu. Les romans qu’on publie, qui marchent, sous-exploitent assez massivement les possibilités du roman. Il y a une sorte de gâchis perpétuel. D’absence de singularité. À me contenter de vivre à travers une histoire, je préfère encore le cinéma, qui me semble dans ses marges moins frontalement pauvre que le roman. J’ignore si ça fait sens. 

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M’y perds toujours avec autant d’intensité. Enfant je rêvais de l’activité qui grouillait dans ce manoir. Les jeux de Mercredi et Pugsley. Les errances de Max. Les expériences de Fétide. Etc. J’y suis toujours piégé. Je ne pourrai jamais dire assez combien ce manoir, cette famille, cet univers sont au centre de mon être. Ce film a fait le gothique fervent que je suis à l’intérieur aujourd’hui. La Bible a eu moins d’effet sur ces fidèles ! Écoute en parallèle La Folia.

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 ‘Je défends une idée exigeante de l’art, à rebours d’une sensibilité contemporaine de plus en plus portée à demander aux œuvres non seulement une forme, une force, une nécessité, mais presque une garantie préalable de non-nuisance, de lisibilité morale, d’habitabilité immédiate. Or une œuvre n’a pas à se justifier d’avance. Elle n’a pas à s’excuser de troubler. Elle n’a pas à convertir en pédagogie rassurante ce qu’elle rencontre d’ambivalent, d’opaque, de conflictuel, d’intraitable dans l’expérience humaine. Ce qui se joue ici déborde de beaucoup le seul champ esthétique. Une époque qui ne supporte plus d’être déplacée par les formes, qui confond l’exploration avec l’approbation, la représentation avec la légitimation, finit par exiger de l’art qu’il épouse les langues du soin, de la précaution, de l’innocuité. Une civilisation se juge aussi à ce qu’elle consent à accueillir d’irréconcilié. Une démocratie adulte n’attend pas des œuvres qu’elles la réparent. Elle accepte qu’elles la mettent en crise.’ — Paloma Hermina Hidalgo

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‘The Belle Epoque Body-con Dress That Was Too Sexy for Paris’
— sur le très recommandable Messy Nessy Chic.

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‘Write when you can, even when you don’t want to.’ — Daniel Handler

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Pense depuis longtemps à une autre forme de diffusion de mes textes, notamment ceux en rapport à l’esthétique, des textes qui tentent d’apporter un peu de sens aux différentes activités qui composent mon quotidien, Doom, Bach, les échecs, la kettlebell, mais surtout aussi la littérature, le cinéma et, au-delà, plus fondamentalement, l’étrange, le gothique, la nature sexuelle ou non de nos existences. J’explorerai tout ce fatras fantasmagorique à travers une newsletter sporadique et occulte.
On pourra laisser son mail ici pour être informé du lancement.

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Découvre cette belle chronique de Masha sur Babelio. ‘Et au-delà d’un livre qui verserait dans la provocation ou l’infâme pour l’infâme, l’auteur y déploie un véritable propos sur l’amour, la vieillesse, le sexe, l’amitié, et un regard bien acéré sur notre monde et sa tristesse.’ Merci à SPQR qui a si bien perçu ce que j’ai voulu faire de la sans-utérus. Écoute en fond Couperin par Wanda Landowska.

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Willem Dafoe
Jopling, le tueur
personnage ‘à la Addams’
dans le chef-d’œuvre d’Anderson
The Grand Budapest Hotel
incarné par Willem Dafoe
illustre héros gothique
— aujourd’hui omniprésent —
qu’on retrouve notamment
et avec plaisir dans
(L’Ombre du vampire)
The Lighthouse
Nightmare Alley
The Northman
Pauvres Créatures
La Légende d’Ochi
Nosferatu*
et bientôt
Werwulf
* J’omets Beetlejuice Beetlejuice, qui nous aura laissé assez froid.

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N. Gaiman se défend en faisant la promotion d’un bien étrange substack. @technopathologyHome of the *Neil Gaiman Is Innocent* research project. Independent Investigations. Qu’on aurait aussi bien pu appeler @technopatethic. J’ai découvert Gaiman il y a fort longtemps, avec un recueil dont la couverture m’avait marqué en librairie. Des choses fragiles. Que je considère toujours comme son meilleur livre. Avec The Graveyard Book. De son œuvre je retiens aussi Coraline (pas le livre, mais l’adaptation d’Henry Selick), un véritable chef-d’œuvre gothique. J’ai eu l’occasion de rencontrer Gaiman à Paris, il y a peut-être dix ans de ça. Il portait un grand manteau noir (décoré d’un petit pin’s de TARDIS) et de grosses chaussures noires. Ç’avait été une rencontre marquante que je citais souvent comme ma rencontre la plus forte avec un auteur. Gaiman avait réellement un côté magnétique. Les gens l’adoraient. Il signait durant des heures des livres, des comics, des DVD. Il dessinait beaucoup. Après ça, je me souviens de lui nous guidant à travers Paris avec son téléphone jusqu’à un restaurant japonais où nous avons mangé. Il était assis à ma gauche immédiate. Tout ça était évidemment avant l’affaire, à une époque où Gaiman était pour moi une inspiration non seulement littéraire, mais aussi une inspiration de vie. Une sorte de rêve gothique vivant. Ce rêve que mes écrits — un jour — me permettraient de vivre dans un manoir à la Addams et de faire le tour du monde, partageant mon univers mental avec des foules.

Aujourd’hui Gaiman n’est plus une inspiration pour personne. Seulement une grosse, une immense déception, et la confirmation toujours douloureuse que notre espèce est pourrie jusqu’à la racine et que rien, jamais, ne changera.

‘Filioli, custodite vos a simulacris.’ Jean 5:21.
‘Petits enfants, gardez-vous des idoles.’

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Deux très bonnes vidéos sur les jeux d’horreur Five Nights At Freddy’s par Feldup et Silent Hill par Le Fossoyeur de Films.